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Des monuments aux morts vandalisés en Gironde


L’actualité internationale nous fout le seum et nous rend triste. Nous avons décidé d’agir.

Une action menée en Gironde, aux alentours de Bordeaux dans la nuit du 22 au 23 mai a défrayé la critique des médias locaux vous pouvez retrouvez les articles qui en parlent sur internet :
France Bleu ; Actu.fr ; Sud Ouest ; Le Figaro

 

 

Voici la revendication, dans son intégralité :

En fait, on était en train de discuter de l’actualité entre camarades de classe, et on avait bien le seum de tout ce qu’il se passait. On se rendait bien compte que plein d’atrocités étaient en train de se dérouler, et que tout cela n’était pas une sorte de fatalité du destin, ni un concours de circonstances, mais bien un ensemble de situations qui servent à des gens précis. On parlait de la mort de Nahel, du massacre palestinien, de la montée du fascisme, de ce qu’il se passe en Nouvelle-Calédonie, et parmi tous ces exemples très différents, il nous a semblé clair que y’avait comme une ligne commune derrière tout cela. Que pour que l’universalisme républicain puisse briller à l’international, il devait mener la guerre par mille moyens. Que même si l’empire colonial français s’est effondré, les richesses amassées durant cette période conditionnent notre niveau de vie ici et maintenant. Mais on s’est aussi dit que la fin officielle de la période coloniale était comme une grosse douille, et qu’encore aujourd’hui, y’avait tout un tas de mouvs de la part de l’État et de cette grosse machine qu’est l’industrie, les médias, les institutions, qui continuaient à asseoir cette domination française sur le monde.

Nous on sait pas trop quoi faire à partir de ça. T’sais, le massacre palestinien, à part manifester, boycotter Carrefour et les personnalités qui ne se prononcent pas à ce sujet sur Insta, c’est compliqué. Le sort de la population Kanak, c’est l’autre bout du globe. Un ado qui se fait buter par un keuf parce qu’il est arabe, ça nous révolte, mais ouvrir nos gueules et soutenir les émeutes, ça change pas grand-chose.
Alors on a fait ce mouv qui a déjà été fait par le passé et qui nous semble juste. On a profité de ces monuments aux morts que l’on voit partout dans les campagnes dans lesquelles on a grandi et dans lesquelles on vit pour faire comme un hommage. Un hommage qui ne met pas la mort de Zyed et Bouna, d’Adama, de Nahel, ni le massacre des palestiniens, ni le refus à l’autodétermination et la répression du peuple Kanak sur le même plan. Non, un hommage qui rappelle que pour que la France soit cette grande nation qu’elle se vante d’être, c’est grâce à des politiques qui mènent la guerre sur tous les fronts, de l’ingérence dans les affaires étrangères, à la vente d’arme, aux politiques économiques, sociales et policières.
Malheureusement, tous ces monuments aux morts ne sont pas assez grands pour accueillir tous les noms des individus et des populations qui ont été sacrifiées pour la gloire républicaine. Il nous faudrait des obélisques à chaque carrefour pour célébrer ce sang et ces larmes versées.
Comme tous les soldats morts au front, on se fait bien avoir à grande échelle pour permettre au 1% les plus riches de vivre à l’aise. En plus de vivre comme des chiens, on se fume entre nous, t’sais, ce grand nous chelou de fou, mais qui dans ce cas là est composé de tous ceux qui subissent les violences quotidiennes de la CAF, de France Travail, de la police, de l’administration, des médias.

Les monuments aux morts sont has been, alors on avait le choix entre un coup de peinture et un coup de pelleteuse, mais on a pas le permis CACES.

Le Comité d’Action Collective des Étudiant.e.s en Sociologie

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