Un podcast à écouter ici, ou directement sur le site de la clé des ondes :
Une table ronde au festival des Résistantes a fait grand bruit cet été. Quatre militantes ont brocardé le monde écolo pour son indifférence vis à vis du colonialisme et des catastrophes écologiques qu’il engendre depuis des siècles. En Algérie, au Vietnam, aux Antilles le colonialisme français a empoisonné les sols, les eaux, la faune, les végétaux, et les corps des colonisé·es pour des générations, après avoir détruit les écosystèmes locaux et imposé les plantations.
Renda est membre de l’Observatoire Terre-Monde, Micheline de Vietnam-Dioxine, Lilith et Laura (alias Melow) du COAADEP (le collectif des ouvriers agricoles et de leurs ayant-droit empoisonnés par les pesticides). Ces quatre jeunes femmes interviennent le 9 août lors de la table ronde intitulée "Colonialisme chimique".
Le sud algérien a servi de lieu d’expérimentation pour des armes chimiques, puis pour des essais nucléaires. Le Vietnam a copieusement été arrosé de produits désherbants ou défoliants utilisant l’agent Orange qui provoque encore des malformations et des maladies, quatre générations plus tard. Les Antilles sont empoisonnées pour des siècles par le chlordécone qui a été utilisé pendant des décennies pour tuer le charançon. Ces catastrophes ont trop peu d’écho dans le monde militant écolo, essentiellement blanc. Il y a urgence à ce que l’écologie devienne décoloniale.
L’Observatoire Terre-Monde est une association qui se donne justement pour objectif de mettre en lumière la diversité des enjeux écologiques inhérents aux territoires dits « d’Outre-mer ».
Vietnam-Dioxine est un collectif qui soutenu Trần Tố Nga dans son combat juridique (malheureusement perdu) contre Monsanto-Bayer, Dow Chemical , Hercules et 11 entreprises ayant fabriqué l’Agent Orange.
Pour soutenir le COAADEP qui lutte pour les victimes du chlordécone aux Antilles cliquer ici.
Bibliographie
Malcom FERDINAND, S’aimer la Terre, défaire l’habitat colonial, éd. Seuil, 2024.
Silence n° 546 : "Antilles, dépasser l’habiter colonial"
Pour prolonger, voir les travaux du collectif GENgiBRE sur le thème : « Rapport à la nature et égalité de genre. Une contribution à la théorie critique à partir de pratiques et mobilisations féministes dans l’agroécologie au Brésil »